"Il pleuvait, le jour où, pour la première fois, Mark entendit parler de la fille d’Hitler. Dans le champ de Harrison, les vaches étaient mouillées, marron et mélancoliques. Elles se blottissaient les unes contre les autres, dos au vent, et des gouttes dégoulinaient de leur museau.
Tassant son sac à dos humide sur le banc de l’abri de bus, Mark se dit qu’il n’y avait rien de plus triste au monde que le spectacle des vaches trempées. S’enrhumaient-elles parfois ? s’interrogea-t-il. Que se passerait-il si elles éternuaient ? "
L’histoire se déroule en Australie et commence comme un jeu. Ils sont quatre, Mark, Anna, Ben et Petite Tracey à attendre le bus pour l’école.
C’est " Le Jeu des histoires, avait annoncé Anna. (...) Tu choisis un personnage, (...) et moi je lui invente une histoire."
Jusqu’où jour où Anna choisit elle-même le personnage de l’histoire qu’elle va conter : celui de la fille d’Hitler. Alors chaque matin, petit à petit, les pièces du récit se mettent en place. La fille d’Hitler a-t’-elle vraiment existé ? A-t-elle survécu à la guerre ? Mark commence à douter. Anna semble trop bien connaître sa vie, comme si elle ne se contentait pas de broder cette histoire au fil de son imagination... Il s’interroge. Qu’aurait-il fait à sa place ? Qu’auraient fait ses parents face à la montée du nazisme ? Se seraient-ils révoltés ? Ancrés dans leurs soucis quotidiens, auraient-ils laissé faire ? Aurait-il pu être fiers d’eux ?
La fille du dictateur est un récit poignant et sensible sur l’engagement personnel et la filiation. Comme Mark, chaque matin, il nous tarde de continuer à découvrir l’histoire d’Anna et de la fille d’Hitler et espérer ainsi découvrir, qui sait, la vérité. Mais peut-être que là n’est pas l’essentiel...
rédigé par Gwendoline Delaporte, le 7 juillet 2010