Bien qu’elle vive à Londres depuis longtemps, Edna O’Brien est l’une des romancières irlandaises contemporaines les plus connues. Elle s’est toujours attachée à mettre l’Irlande au coeur de son oeuvre et a toujours dénoncé le peu de liberté accordée aux femmes. Son premier roman "Les filles de la campagne" publié en 1960 a été censuré en Irlande parce que l’image des jeunes femmes n’y était pas conforme aux idées de l’époque.
La Maison du splendide isolement est un roman boulversant. Josie est une femme âgée qui vit seule dans une maison à l’écart d’un petit village. Une infirmière lui rend visite pour effectuer des soins quotidiens. Josie a perdu son enfant et dialogue avec lui de façon imaginaire. Toute cette routine est ébranlée le jour où McGreevy, un activiste de l’I.R.A. trouve refuge chez elle.
McGreevy s’est engagé très jeune dans la lutte armée pour le rattachement de l’Ulster à la république irlandaise, il a passé la majeure partie de sa vie en prison. Josie devient otage de l’activiste dans sa propre demeure. Petit à petit, une relation étrange et singulière s’instaure entre les deux protagonistes ; par le dialogue chacun essaie d’expliquer et de comprendre les choix de vie de l’autre.
Un style simple, une narration limpide dans laquelle s’insèrent des articles de presse et de journaux intimes.
rédigé par Aude Samarut, le 19 septembre 2007