Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Freddy Michalski.
22 €
Carl Streator est journaliste. A la demande de son rédacteur en chef, il mène une enquête sur la mort subite du nourrisson. Au cours de ses investigations, il remarque qu’un recueil intitulé "Poèmes et comptines du monde entier" se trouve toujours auprès des berceaux des petites victimes et que systématiquement, celui-ci est ouvert à la même page. Il réalise très rapidement que la comptine africaine qui a été lue aux enfants est une comptine d’élimination : une chanson que certaines tribus utilisaient aux moments critiques (famines et autres) pour tuer les plus faibles afin que ceux-ci ne soient pas un poids pour l’ensemble de la communauté. Streator devient pour quelques temps un serial-killer qui éprouve vite du remords. Conscient du danger que peut représenter cette découverte, il décide de retrouver tous les exemplaires du recueil de comptines. Son chemin croise celui d’Helen Hoover Boyle, une excentrique agent immobilière, qui lui propose son aide, ainsi que celle de sa jeune secrétaire apprentie-sorcière et du petit ami de celle-ci, un écolo-guerrier.
Avec Berceuse, Chuck Palahniuk signe un "road-movie" complètement déjanté, où les situations délirantes s’enchaînent si rapidement qu’aucun lecteur n’est capable de prédire ce qui se passera dans une dizaine de pages (c’est une de ses marques de fabrique). Un style incisif reconnaissable par des phrases courtes, des néologismes qui se répètent comme des slogans servant une narration parfois déroutante. Palahniuk s’impose en tant qu’auteur, son univers est cohérent, il dénonce la consommation à outrance, le culte du beau, les sectes new-age, la puissance des médias en provoquant peur et éclats de rire.
rédigé par Aude Samarut, le 19 septembre 2007