Lorqu’elle a quitté sa Georgie natale et son enfance miséreuse pour suivre des études d’art, Misty Mary Kleinman ne savait pas qu’elle allait rapidement lâcher ses pinceaux pour suivre l’original Peter Wilmot sur son île natale de Waytansea. Quelques années plus tard, Peter est plongé dans un coma profond parce qu’il a raté son suicide et Misty travaille comme serveuse pour subvenir aux besoins de sa fille, Tabitha, et de sa belle-mère, Grace.
En quelques décennies, Waytansea a perdu sa splendeur à cause des touristes toujours plus nombreux à l’envahir. Les habitants de l’ile sont de plus en plus agacés et il est fréquent de trouver des inscriptions injurieuses réclamant le retour à un quotidien plus calme. Grace encourage Misty à tenir un journal intime et à reprendre la peinture, mais des éléments de plus en plus perturbants se produisent et Misty ne trouve de réconfort ni dans la consommation d’alcool ni dans son entourage. Les gens de Waytansea lui semblent de plus en plus étranges et elle ne sait pas à quoi cela est dû. Même sa propre fille la déstabilise.
"Journal intime", comme les précédents romans de Chuck Palahniuk, est une histoire à tiroirs pleine de surprises. Avec ses phrases répétées comme des slogans, Palahniuk fait le portrait au vitriom des dérives de nos sociétés occidentales, il s’attaque cette fois à l’obsession du beau, que ce soit dans le domaine de l’art ou dans celui de l’aménagement de l’habitat. Il dénonce aussi, avec violence, la manipulation mentale, le pouvoir du corps médical et les dérives mystiques. Que ceux qui n’ont pas encore goûté le plaisir de se faire mener par le bout du nez par l’auteur de "Fight Club" plongent dans ce "Journal intime" pour un moment de lecture jubilatoire. Il est temps de le considérer comme un auteur à part entière.
Article paru dans Page des libraires n°96
rédigé par Aude Samarut, le 18 septembre 2007