Patrick Homolle, professeur des écoles est docteur en ethnologie. Ses travaux de recherche concernent l’immigration ouest-africaine en France, ses liens avec l’espace d’origine et le développement.
Cet ouvrage s’attache à un aspect particulier de l’espace migratoire, le lien qu’entretiennent les migrants de la vallée du fleuve Sénegal avec leur espace d’origine. Y sont interrogés les effets de ces relations et interactions entre villages de la région de Kayes et foyers de travailleurs en France. Ce qui circule d’un espace à l’autre et s’invente concerne aussi bien les hommes que des biens matériels et immatériels, des objets symboliques.
Ce jeu d’espaces et de formes est ici plus particulièrement envisagé à partir des associations villageoises créées par les migrants dans les années 1980, de leurs projets et de ce qu’ils modifient au village. Ces projets, quelles que soient leur nature ou leur dimension, posent tous la question du développement : ils interrogent à la fois les deux espaces et ce qu’ensemble ils tissent comme devenir.
Sont également abordées les questions du retour des migrants et de la recomposition du village, de sa reconstruction, autour de la figure du « migrant », figure emblématique à la fois d’une absence et d’une présence au lieu.