Bureaucratics
Banning, Jan
1945-1949 : repartir à zéro, comme si la peinture n’avait jamais existé
catalogue de l’exposition au Musée des beaux-arts de Lyon - sous la direction de Eric de Chassey et Sylvie Ramond
1945-1949 : repartir à zéro, comme si la peinture n’avait jamais existé
catalogue de l’exposition au Musée des beaux-arts de Lyon - sous la direction de Eric de Chassey et Sylvie Ramond
Hazan/Musée des beaux arts de Lyon
352 p. illustrées en couleurs
45 €

Sur la couverture du livre, un disque blanc, autour duquel le noir se déploie en touches irrégulières, aspire le regard du spectateur : c’est The void (le vide), une oeuvre du peintre américain Barnett Newman. Un peu emblématique de l’exposition, dont le titre — et celui du livre — sont tirés d’une interview du même peintre. A la table rase de la fin de la guerre répond un nouveau geste pictural, une nouvelle pensée de l’art. Le propos est bien d’explorer cette période de changement radical.

 

Une fois le contexte historique situé — commençant avec l’explosion des deux bombes atomiques au Japon et de la découverte des camps de concentration et d’extermination, et se terminant avec le début de la Guerre froide — les oeuvres sont présentées autour de grandes notions qui permettent d’explorer en quoi les artistes, peintres, sculpteurs, et même certains photographes, « repartent à zéro » : Témoigner — Expérimenter — Balbutier — Tracer — Remplir — Vider. Dans un moment sombre et invitant au pessimisme, un foisonnement se fait jour qui laisse la place essentiellement à des démarches singulières.

L’abstraction surtout est représentée, mais aussi le retour à une sorte de figuration « primitive » (avec le mouvement CoBrA et Dubuffet, ou encore les sculptures de Germaine Richier par exemple) ; le geste du peintre prend toute son ampleur, sa valeur en tant que tel (mis en évidence avec des films où l’ont voit Jackson Pollock ou Hans Hartung au travail). Chacun tente de réinventer le langage de la peinture, à sa façon, avec une pensée, une philosophie différentes : de la Pologne à l’Espagne, de la France aux Etats-Unis, du Québec à l’Allemagne, le panorama confronte des oeuvres de peintres illustres (comme Mark Rothko, Pierre Soulages, Antoni Tàpies) et de moins connus, qui se complètent et invitent à la (re)découverte.

La structure limpide du catalogue, son iconographie très belle et riche, ses textes choisis, l’anthologie centrale conscarée aux textes des artistes, permettent de mieux saisir la révolution à l’oeuvre dans cette période-clé, et dont l’influence se prolonge aujourd’hui.

Sans nul doute, un ouvrage amené à devenir une référence.

Voici en complément le site de l’exposition.