La couronne verte
Kasischke, Laura
L’exposition
Léger, Nathalie
Une minute de silence
Lenz, Siegfried
Ce que je sais de Vera Candida
Ovaldé, Véronique
Lark et Termite
Phillips, Jayne Anne
Les saisons
Pons, Maurice
Nullipare
Sautière, Jane
Ce que je sais de Vera Candida
Véronique Ovaldé
Editions de l’Olivier
291 p.
19 €

Vera Candida va mourir dans six mois, c’est pourquoi elle revient sur l’île de Vatapuna qu’elle avait fuie des années auparavant. Dès lors, nous remontons l’histoire de sa famille, en commençant par sa grand-mère, Rose Bustamente, une femme au caractère bien trempé, qui est devenue la meilleure pêcheuse de poissons volants de Vatapuna après avoir exercé le plus vieux métier du monde. De sa rencontre malheureuse avec un certain Jeronimo naît Violette. Simple d’esprit, nymphomane et alcoolique, elle mettra au monde à son tour une fille, Vera Candida, dont Rose s’occupera après la mort prématurée de Violette. Vera Candida, enceinte à son tour à 15 ans, refuse la fatalité et décide de briser la malédiction qui semble peser sur sa lignée en s’embarquant pour Lahomeria, une grande ville du continent où elle se réfugiera dans un foyer pour jeunes filles. C’est en rencontrant un journaliste patient et attentionné qu’elle apercevra l’espoir qui faisait tant défaut à son passé.

Dans un pays d’Amérique du Sud imaginaire mais incroyablement réaliste, Véronique Ovaldé raconte l’histoire d’une lignée de femmes fortes et attachantes confrontées à une sorte de destin leur faisant élever seules leur enfant, nés de père inconnu ou reniés, face à la violence des hommes et à la cruauté du monde. Destin qu’elles vont chacune affronter à leur manière.

Par une écriture fluide et vivante et un rythme très entraînant, elle aborde des thèmes difficiles, parfois directement et crûment (mais sans vulgarité), parfois avec légèreté et drôlerie (mais sans niaiserie). Une chose est sûre, que ce soit dans le style ou dans l’histoire, elle tient à nous surprendre à chaque page et cela fonctionne admirablement. Avec poésie et une certaine fantaisie, elle nous incite à la réflexion sur la transmission d’une mère à sa fille, sur l’héritage familial parfois difficile à assumer et sur la condition de la femme et son émancipation dans un monde en proie à la barbarie des hommes. Ce que je sais de Vera Candida est une fable tropicale réussie, un mythe familial qui, à l’instar des mythes antiques, est plein de vérités, parle à tout le monde et résonne encore bien après l’avoir terminée.

 

A lire et à voir aussi, sur le net, l’interview de Rue89.