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Invention des autres jours
Dupuy, Jean-Daniel Zone
Enard, Mathias Le sang noir
Guilloux, Louis Géométrie d’un rêve
Haddad, Hubert La couronne verte
Kasischke, Laura L’exposition
Léger, Nathalie Une minute de silence
Lenz, Siegfried Sur la plage de Chesil
McEwan, Ian Ce que je sais de Vera Candida
Ovaldé, Véronique Lark et Termite
Phillips, Jayne Anne La couronne verte
Laura Kasischke
Bourgois traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Céline Leroy, 238 pages 22 € Laura Kasischke, depuis ses premiers romans, explore et exprime les peurs inconscientes de l’Amérique ordinaire, celle des banlieues aux maisons toutes pareilles, des motels de bord d’autoroute, des camps de vacances pour pom-pom girls, des lycéennes blondes et sages, des mères de famille aux tâches monotones... Mais chez elle, les monstres ne sont pas ceux qu’on croit, et les morts sont cachés dans le congélateur du sous-sol alors qu’on continue à tondre la pelouse du pavillon et à parler aux voisins par-dessus la haie. Elle a l’art de faire naître l’inquiétude au bord de la piscine, lors d’une matinée ensoleillée qui prend tout doucement des couleurs sombres... Ce sont juste quelques signes imperceptibles, qui grandissent jusqu’à l’évidence, et souvent jusqu’au drame. Dans La couronne verte, trois adolescentes partent en vacances quelques jours au Mexique, à Cancun, munies des recommandations de leurs parents et de leur inexpérience. Ce sont leurs premières vacances seules, entre filles, loin de chez elles. Ce qu’elles vont vivre ne ressemble à aucun de leurs pires cauchemars. Entre fantastique (sous forme de mythe maya, d’oiseau vert, de pyramide) et prosaïsme (adolescents boutonneux, oubli de crème solaire), Laura Kasischke emmène tout ensemble ses héroïnes et le lecteur là où ils redoutent d’aller. Et son écriture, à la fois très descriptive tout en usant des métaphores, comme si elle était capable de formuler les pensées avant qu’elles naissent, crée une expérience inoubliable. |