Dans l’Angleterre des années 60, un jeune couple s’apprête à vivre sa nuit de noces.
Edward, licencié d’Histoire et spécialiste des hommes illustres le temps d’un instant, d’un acte, puis très vite oubliés, attend cette nuit avec une grande impatience. Florence, violoniste passionnée, redoute quant à elle ce moment.
Dans l’Angleterre des années 60, la sexualité est encore un sujet tabou, que l’on n’aborde jamais en famille, ni même entre ami(e)s. Et l’on ne sait rien de cette fameuse nuit de noces, moment tout à la fois excitant et redoutable qui, d’une certaine manière, scelle un amour.
Cette ignorance, mise en avant par Ian McEwan, dit tout d’une société anglaise qui, si elle évolue, n’en reste pas moins attachée à ses principes, souvent dictés par la bienséance. On ne parle pas de la sexualité, quitte à laisser une jeune femme traumatisée. Si Florence sait ce qui doit se passer pendant cette nuit si particulière, elle ne sait en rien comment cela doit se passer...
Avec brio, comme à son habitude, Ian McEwan dresse, à travers ces deux jeunes gens issus de milieux très différents - Edward vient d’une famille modeste et visiblement tourmentée ; Florence vient quant à elle d’une famille aisée, mais non moins tourmentée - le portrait d’une société qui ne peut se détacher de ses traditions.
Tel est le paradoxe de cette société, qui est aussi celui de la société française ou américaine à la même époque : personne n’évoque la nuit de noces, comme si cela n’avait aucune importance ; et, pourtant, le bien-être d’un couple tient en partie à la façon dont elle se déroule...
Avec, Sur la plage de Chesil, c’est également la cruauté de cette ignorance que Ian McEwan démontre.
"Ils étaient jeunes, instruits, tous les deux vierges avant leur nuit de noces, et ils vivaient en des temps où parler de ses problèmes sexuels était manifestement impossible".
Quelques années plus tard, la révolution sexuelle changera tout cela...
Quelques années plus tard, Edward et Florence auraient peut-être eu une nuit de noces bien différente...