L'Equilibre du monde

Rohinton Mistry

Le Livre de poche

  • 16 mai 2021

    Une grande fresque en Inde

    L'histoire se passe dans les années 1970 en Inde (alors qu'Indira Ganghi est au pouvoir).
    Au départ, 3 personnages (Omprakash, son oncle Ishwar et un étudiant, Maneck) et ils se rencontrent dans un train et se rendent compte qu'ils vont voir la même personne (Dina, chez qui Om et Ishwar veulent travailler et Maneck doit être hébergé).
    Puis, l'auteur nous raoncte l'histoire de ces 4 personnages (et de tant d'autres en même temps!). Dina, Omprakash et Ishwar ont quelque chose d'essentiel en commun: d'une manière ou d'une autre, ils veulent échapper à un destin tout tracé et vivre leur vie. Dina est une femme, devenue veuve assez jeune et qui veut pouvoir rester dans son appartement sans se remarier alors que son frère le voudrait. Ishwar et Omprakash sont devenus tailleurs alors que, par leur caste, ils devraient être "chamars" (donc dépecer des animaux). Le prix à payer pour cette émancipation a été très cher et ils tentent leur chance en ville, et logent dans des bidonvilles, etc...
    Maneck a du quitter la montagne pour faire ses études en ville et il ne se sent pas bien dans la résidence étudiante (vu l'ambiance, on comprend pourquoi).
    Bref, tous sont amochés quand ils se retrouvent et leurs histoires continuent.
    Même si ce que j'écris est un peu fastidieux, on lit ce roman sans difficultés, les paragraphes s'enchaînent, comme les difficultés des uns ou des autres.
    C'est un très bon roman. On s'attache aux différents personnages, on voyage, on comprend leurs difficultés, on voudrait qu'ils soient tous heureux et bien.
    Seul bémol: la fin est vraiment dure (on ne remet pas en cause l'équilibre du monde et donc la place que la société vous avait assigné comme ça...).


  • 5 novembre 2020

    En Inde, dans les années 70 et 80, le destin de 4 personnes issues de milieux sociaux différents qui par les hasards de la vie se retrouvent à vivre sous le même toit. Tout au long de ce texte, on découvre le système des castes ainsi que la pression exercée par la religion et les traditions sur la vie de ses personnages tellement attachants. Grande fresque romanesque aussi tragique que passionnante, ce roman restera longtemps gravé dans votre mémoire.

    Conseillé par Marie


  • par (Libraire)
    2 mai 2017

    C'est à bord d'un train poussiéreux, bondé et bruyant que tout commence, auprès de Ishwar et son neveu Omprakash, deux tailleurs appartenant à la caste des Intouchables. Ils rencontrent un jeune étudiant, Maneck, et tous se rendent chez Dina, une veuve reconvertie dans la confection de vêtements. Malgrè des castes différentes, tous sont animés par l'envie de vivre , de survivre, en dépit des troubles sociopolitiques des années 70-80. Les espoirs se brisent et se renouent inlassablement au gré des soubresauts, de l'Histoire, de l'équilibre - et des déséquilibres - d'un monde indifférent et parfois cruel. Dans la lignée d'un Dickens ou d'un Zola, ce roman ravira les amateurs de fresque sociales !


  • 25 mars 2013

    Coup e de coeur!

    Je me suis attachée aux quatre personnages principaux, j'ai dévoré leurs aventures, celles de Maneck avec un peu moins d'avidité peut-être mais à peine et pendant un long moment, tout en prenant grand plaisir à lire ce roman, je me suis dis que ce ne serait pas tout à fait un coup de coeur. Et puis est venue la sublime fin et j'ai changé d'avis. Ma quatrième de couverture compare Rohinston Mistry à Dickens et je pense qu'en effet, la manière de tisser les histoires est semblable, ainsi que celle de croquer des personnages attachants. On retrouve dans ce roman tout les thèmes liés à l'Inde. Le système de castes change très lentement et Rohinston Mistry nous rappelle que Jadis, sortir de sa caste était puni de mort. Le lecteur assiste aussi à des élections. Lorsque le père d'Omprakash insiste pour écrire lui même le nom du candidat pour lequel il souhaite voter, et ne pas se contenter de signer son nom comme il est habituel de le faire, la punition est terrible. Le manque d'eau est au centre de la vie quotidienne: il faut se lever tôt pour remplir les seaux qui dureront toute la journée. Pour les hommes en bas de l'échelle sociale, il est facile de céder à la tentation de la vasectomie en échange d'un transistor mais même ceux qui tiennent à garder la possibilité d'avoir des enfants peuvent être forcés à se faire opérer, dans des conditions qu'on imagine pas toujours hygiéniques. Sans oublier les bidonvilles qu'on rase sans prévenir les habitants. On rencontre dans ce roman une multitude de personnages secondaires. Celui qui m'a le plus intéressée, c'est le maître des mendiants, personnage ambigu, qui protège ceux qui le paient (c'est lui qui sauve Dina lorsqu'elle est menacée d'expropriation) mais qui n'hésite pas à mutiler des enfants pour qu'ils mendient pour lui.


  • 20 mars 2013

    Coup de coeur

    L'histoire se déroule entre 1975 et 1984, période particulière en Inde où les droits civiques furent violés plus encore que d'habitude, à cause de l'état d'urgence décidé par le gouvernement d'Indira Gandhi. Ishvar et Omprakash arrivent à Mumbaï pour y exercer leur métier. Nés dans une famille d'Intouchables, leur père a transgressé les traditions en leur faisant apprendre la couture et non la tannerie. Ils rencontrent Maneck, jeune étudiant qui vient s'installer chez Dina, chez qui Ishvar et Omprakash viennent travailler. Veuve ayant refusé de se remarier, Dina est une femme atypique. Malgré les difficultés, elle essaie de s'en sortir seule. Ses quatre personnages vont apprendre la tolérance et des liens profonds vont se créer entre eux.

    Grâce aux retour en arrière, c'est une partie importante de l'histoire de l'Inde qui nous est racontée ici, celle de l'après Gandhi et de l'indépendence, de la divison du pays. Je me suis attachée aux quatre personnages principaux, j'ai dévoré leurs aventures, celles de Maneck avec un peu moins d'avidité peut-être mais à peine et pendant un long moment, tout en prenant grand plaisir à lire ce roman, je me suis dis que ce ne serait pas tout à fait un coup de coeur. Et puis est venue la sublime fin et j'ai changé d'avis. Ma quatrième de couverture compare Rohinston Mistry à Dickens et je pense qu'en effet, la manière de tisser les histoires est semblable, ainsi que celle de croquer des personnages attachants. On retrouve dans ce roman tout les thèmes liés à l'Inde. Le système de castes change très lentement et Rohinston Mistry nous rappelle que Jadis, sortir de sa caste était puni de mort. Le lecteur assiste aussi à des élections. Lorsque le père d'Omprakash insiste pour écrire lui même le nom du candidat pour lequel il souhaite voter, et ne pas se contenter de signer son nom comme il est habituel de le faire, la punition est terrible. Le manque d'eau estau centre de la vie quotidienne: il faut se lever tôt pour remplir les seaux qui dureront toute la journée. Pour les hommes en bas de l'échelle sociale, il est facile de céder à la tentation de la vasectomie en échange d'un transistor mais même ceux qui tiennent à garder la possibilité d'avoir des enfants peuvent être forcés à se faire opérer, dans des conditions qu'on imagine pas toujours hygiéniques. Sans oublier les bidonvilles qu'on rase sans prévenir les habitants. On rencontre dans ce roman une multitude de personnages secondaires. Celui qui m'a le plus intéressée, c'est le maître des mendiants, personnage ambigü, qui protège ceux qui le paient (c'est lui qui sauve Dina lorsqu'elle menaçée d'expropriation) mais qui n'hésite pas à mutiler des enfants pour qu'ils mendient pour lui.

    Il faut aussi que le Maître ait beaucoup d'imagination. Si tous les mendiants exposent les mêmes blessures, le public s'y habitue et n'éprouve plus de pitié.

    J'ai adoré le symbole du patchwork que coud Dina et qui représente le temps qui passe et les souvenirs. Vous l'avez compris, je ne peux que vous inciter à découvrir ce fabuleux roman.