Anima

Anima

Wajdi Mouawad

Actes Sud

  • 28 septembre 2019

    En rentrant chez lui, Wahhch découvre sa femme assassinée d’une manière horrible.
    Il va sillonner les routes du Canada aux Etats-Unis en passant par des réserves indiennes pour retrouver l’homme capable d’un tel crime, uniquement pour voir son visage.
    Quel livre époustouflant !
    C’est un cheminement d’écriture d’une rare originalité.
    L’histoire est racontée par tous les animaux témoins de la progression de Wahhch : chiens, chats, serpent, araignée, mouche, renard……
    J’ai été subjuguée par la puissance, la profondeur de cette histoire.
    Violence et beauté se côtoient.
    Animalité et humanité.
    Quelle part d’animal dans l’homme ?
    Quelle part d’homme dans l’animal ?
    C’est un bonheur rare de tomber sur un livre qui impressionne autant.


  • 22 juillet 2016

    Wahhch Debch découvre sa femme assassinée (je vous passe les détails horribles) et l'on assiste à sa douleur par le biais d'un narrateur spécial. Car les narrateurs ne sont pas n’importe lesquels, ce sont des animaux : araignée, corbeau, chien, écureuil, chat, cheval, différents insectes. Non pas empli de vengeance mais pour s‘assurer qu’il n’est pas l’auteur de cet acte innommable, Wahhch part à la recherche du meurtrier. Ce dernier, un Indien, s’est réfugié dans une réserve "Entre ceux qui pensent à leur propre intérêt et ceux qui pensent à l'intérêt de la communauté. Quand il y a de l'argent en jeu, ça finit par devenir violent parce que l'intérêt de la communauté va nécessairement contre l'intérêt particulier." Aucun ne veut dénoncer un des leurs, le retrouver est une mission qui revient à Wahhch.

    Si l’on l’on suit le parcours de Wahhch à travers les Etats-Unis, Wadji Mouawad en donnant la parole et la réflexion, la pensée aux animaux nous plonge dans un univers hypnotique, prenant et quelquefois dérangeant. Au fil des pages, on se demande si la frontière entre animaux et humains est toujours réelle, on se questionne sur la violence humaine.
    Complètement envoûtant, ce roman servi par une écriture magnifique, lumineuse et poétique, sonde au plus profond la noirceur et les profondeurs de l'âme. L’épilogue m’a laissée bouche bée, sidérée. Je ne veux pas vous en dire plus (une autre histoire sur les origines de Wahhch nous bouscule) pour vous laisser découvrir ce livre.
    Un coup de cœur entier doublé d’un uppercut !

    "Je me suis reculée et je me suis enfuie pour retrouver l'obscurité profonde des arachnées, bien plus lumineuse, bien plus rassurante que cette nuit effroyable que je venais d'entrevoir et qui est, je le sais à présent le propre des humains."


  • 11 septembre 2015

    Attention, commencer ce roman c'est être emporté et marqué ... à la vie.

    Il y a un avant et un après la lecture de ce roman marquant. On ne peut pas en sortir indemne. C'est donc un choix intimement personnel que de se lancer dans cette lecture. Qu'est-ce qu'il reste comme humanisme dans la monstruosité du monde et de ses guerres bestiales? S'il en reste des étincelles, sont-elles suffisantes pour nous satisfaire et nous pousser à continuer de vivre? Comment savoir si je suis du côté du bien ou du côté du mal? Les drames antiques ou shakespeariens sont des ruisseaux à côté de ce torrent d'eaux sombres qui emportent tout espoir.


  • par (Libraire)
    7 août 2015

    Sa femme atrocement assassinée, Waalch se lance sur les traces du monstre. C’est le règne animal, du chat au charognard, qui témoignera de cette chasse, où l’homme devient la bête. Servi par une écriture époustouflante, ANIMA va vous foudroyer. Hugo.


  • 28 mai 2015

    Coup de coeur de Frédérique

    Le roman le plus fou que je n’ai lu. A la lisière du polar, un homme est à la recherche du meurtrier de sa femme à travers une réserve indienne entre Canada et Usa. Seulement le meurtrier est un serial killer avec toute la violence (et même au-delà) que vous pouvez imaginer. Mais là cette violence vous la lisez et elle est extrême. Pourquoi ne pas lâcher alors le livre. C’est le génie de l’écrit et du parti pris narratif de l’auteur. Il n’y a pas de narrateur mais chaque scène est racontée du point de vue d’un animal témoin de cette scène : une araignée dans un saloon ; un chien à une station service, un moustique, un écureuil, un chat…

    C’est génial.

    Et puis, il y a cette frontière étrange entre bestialité et humanité. Au fil des rencontres, le « mari chasseur » devient à la fois la bête et l’homme, se fait adopter par chien plus humain que certains, jusqu’à ce que sa quête l’emmène sur son propre passé, à l’âge de quatre ans.

    Dans ce roman, vous n’aurez aucun répit, tout est éprouvant, violent, animal, bestial et pourtant si happant, si humain.
    Il faut juste oser le lire.

    Frédérique