Notre sélection Littérature

Beaux-livres

Tandis que j'agonise
20,50

Publié en 1930 entre Le Bruit et la Fureur et Sartoris, composé en 6 semaines par Faulkner qui le considérait lui-même comme un «tour de force», Tandis que j'agonise est le récit du voyage funeste et tragi-comique d'une famille de paysans du Mississippi conduisant à la ville les restes de leur épouse et mère, Addie, afin qu'elle repose auprès de ses parents.Ainsi, Anse, le père, accomplit-il sa promesse. Les catastrophes s'enchaînent. [...]Rien ne fera changer d'avis Anse, le patriarche têtu et édenté. Ni la réprobation de ceux qui ont «un tant soit peu de bon sens», ni la gangrène qui gagne la jambe brisée de Cash. Le pestilentiel cortège funèbre atteindra Jefferson escorté de nuées de charognards.S'il est un «roman paysan», Tandis que j'agonise est aussi l'admirable roman des enfants mal aimés et des hommes obstinés à faire quoi qu'il arrive ce qui doit être fait.Juillard, empruntant les yeux de la famille Bundren et des témoins consternés de cette folle équipée, dessine des paysans amers et fatalistes peinant sur la terre dure aux hommes des collines cotonneuses du Mississippi.Excepté celui d'Addie, présence obsédante au cœur de chacun, Juillard nous révèle des visages que nous n'oublierons plus.


Manhattan Transfer
25,40

«Publié en 1925 aux États-Unis et moins de trois ans plus tard chez Gallimard, Manhattan Transfer possède la force immuable des textes charnières. Par la brutale irruption d'une écriture nerveuse et scintillante où "tout l'asphalte suinte de la lumière", Manhattan Transfer manifesta la rupture avec le courant esthétique des années 20 et ouvrit la voie à la littérature sociale de la décennie suivante. Pour Dos Passos lui-même, sans ce livre où il délaisse l'individu pour mieux en souligner ce qui nie ou broie son existence, "des hommes et des femmes se pressent, écrasés, bousculés, comme des pommes qu'on fait rouler dans un pressoir", sans cette comédie inhumaine, il n'aurait pu écrire USA, son œuvre majeure. Une trilogie qui comprend Le 42ᵉ parallèle, L'An premier du siècle, La Grosse Galette. [...] Le procédé narratif de Manhattan Transfer utilise plusieurs techniques : montage de séquences rapides où alternent collages d'articles de journaux ou textes de chansons populaires, justaposition d'écritures différentes faisant glisser sans transition le lecteur d'un lieu à un autre, d'un personnage à un autre. La nature même de ce "roman multivision" en justifiait un traitement par l'image. New-yorkais exilé à Paris, Miles Hyman, par la qualité de son graphisme et son extrême attention à la lumière qui baigne ce livre, a travaillé dans le sens même du texte. Son style diffère et alterne selon les rythmes ou les thèmes que développe Dos Passos, créant ainsi une unité dans cette diversité ; la richesse de nuances et la texture des gris modèlent les volumes verticaux d'une architecture imposante qui domine ces silhouettes humaines mais auxquelles Hyman donne un visage. Beau comme la rencontre qui n'était pas fortuite.» Bernard Wallet.


Voyage au bout de la nuit
37,00

«Le héros métaphysique de Céline est ce petit homme toujours en route, entre Chaplin et Kafka mais plus coriace qu'eux, vous le redécouvrez ici, perplexe, rusé, perdu, ahuri, agressé de partout, bien réveillé quand même, vérifiant sans cesse l'absurdité, la bêtise, la méchanceté universelles dans un monde de cauchemar terrible et drôle. Céline lui-même a comparé son style aux bandes dessinées, aux "comics". C'était pour dire qu'il allait toujours au vif du sujet, au nerf de la moindre aventure. Ce Tardi-Céline l'aurait ravi. L'œil traverse le récit comme une plume hallucinée, on voit le déplacement sans espoir mais plus fort, dans son rythme de mots et d'images, que tout désespoir. Il faut relire Céline en le voyant. Tardi lui ouvre l'espace. Le grouillement et la simplicité des épisodes et du jugement qu'il porte se redéploient. Céline a dit la vérité du siècle : ce qui est là est là, irréfutable, débile, monstrueux, rarement dansant ou vivable. Le Voyage recommence. Les éclairs dans la nuit aussi.» Philippe Sollers.
Nouvelle édition
En 1988, pour le lancement de la collection «Futuropolis/Gallimard», Jacques Tardi illustre Voyage au bout de la nuit de Céline, et donne alors naissance à un livre exceptionnel. Nouvelle édition.



Cent mille milliards de poèmes
39,00

«C'est plus inspiré par le livre pour enfants intitulé Têtes de rechange que par les jeux surréalistes du genre Cadavre exquis que j'ai conçu - et réalisé - ce petit ouvrage qui permet à tout un chacun de composer à volonté cent mille milliards de sonnets, tous réguliers bien entendu. C'est somme toute une sorte de machine à fabriquer des poèmes, mais en nombre limité ; il est vrai que ce nombre, quoique limité, fournit de la lecture pour près de deux cent millions d'années (en lisant vingt-quatre heures sur vingt-quatre).»Raymond Queneau.
Ouvrage réalisé d'après les maquettes de Massin. Nouvelle édition en 1982