Un lac qui monte et qui descend, des cochons phosphorescents et amphibies, des maisons sur roulette ancrées au sol par des chaînes, une population quasi insulaire, voici le cadre hors-norme de ce joli conte.

Un court roman plein de grâce, un peu inclassable, mais dont la fraîcheur apaise et relaxe. Un roman zen en somme, qui vivifie en ces temps moroses.


Actes Sud

Un couple de riches Allemands engage un jeune guide plongée pour deux semaines, sur une île reculée. Si la voix du narrateur est pleine d’assurance, on se rend bien vite compte que quelque chose cloche, et l’ambiance devient tout à coup pesante.

Une tension subtile s’installe, le doute plane, et l’on se rend alors compte que ce qui semblait être un roman léger et ensoleillé est en fait un thriller psychologique redoutable.

Ici pas d’effusion de sang, pas de tueur psychotique, juste deux versions d’une même histoire. Sauf que ce n’est pas vraiment la même histoire. Maîtrisé du début à la fin, une vraie réussite !


Relativement méconnu dans nos contrées, l’écrivain Laszlo Krasznahorkai est pourtant l’un des plus grands auteurs hongrois contemporain, et bénéficie aux Etats-Unis d’une renommée équivalente à celles d’auteurs comme Sebald ou Susan Sontag.

Guerre et Guerre, roman paru en 1999 et pour la première fois traduit en France, est une oeuvre exigeante, foisonnante, le récit empreint de folie d’un employé des archives décidé à sauvegarder un texte qu’il considère comme une nouvelle Bible.

De sa Hongrie natale aux Etats-Unis, Korim va tout abandonner et peu à peu sombrer dans la folie, et suivre les pas d’Hermès comme messager des dieux.

Chaque page est une révélation, chaque phrase est travaillée, ciselée, pour aboutir à un vrai chef d’oeuvre, de ceux que l’on ne découvre que trop rarement.


Éditions Gallmeister

23,10

113 chapitres courts, 113 voix, 113 témoignages d’une guerre sanglante et barbare.

Compagnie K est bien plus qu’un roman sur la guerre, c’est une vision unique d’un conflit qui a ensanglanté l’Europe pendant quatre ans. Chaque membre de la compagnie envoyée au front en 1917 y raconte une anecdote, un ressenti, une expérience, dans un roman choral où la poésie se mêle à la barbarie et à l’absurdité.

Du trajet en bateau au retour au pays, en passant par la bataille de la Marne et les attaques au gaz, la Grande Guerre n’épargnera personne,avec son lot de tueries et d’exécutions.

Un roman magnifique, vibrant d’authenticité, qui ne peut laisser personne indifférent.


19,00

Sorj Chlandon délaisse l’Irlande et ses guerres fratricides, et dresse un portrait surréaliste de la Guerre du Liban.

Le projet un peu fou du héros est de monter Antigone de Jean Anouilh sur la ligne de front, avec comme contrainte de faire jouer un acteur issu de chaque communauté en guerre.

Voler deux heures au conflit, réunir ceux que tout oppose, a travers la figure d’Antigone, comme reflet de la résistance à la barbarie. Un roman magnifique, plein d’humanité, qui restera comme un des temps forts de la rentrée 2013.