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Giorgio Scerbanenco est considéré par beaucoup comme le père du roman noir Italien, et a donné son nom à un prestigieux prix du polar.

Ses romans traitent le plus souvent de la société italienne, de ses travers, de ses aspects les plus sombres.

Les enfants du massacre n’échappe pas à la règle, et voit un l’inspecteur Duca Lamberti enquêter sur le massacre d’une professeur de cours du soir par les élèves de sa classe. Tous sont visiblement coupables, mais leur défense est exemplaire : tous ont vu l’action, mais n’ont pas participé.

Un roman sombre, dur et froid, qui influencera Ballard pour son roman "Sauvagerie".


« - Je ne crois pas. Il y a des gens qui ont besoin de faire, moi, j’ai juste besoin d’être.

- Comme les pandas. »

Un homme, Gabriel, arrive dans une petite ville bretonne. Aussitôt arrivé, aussitôt chez lui, il va faire connaissance avec des gens rencontrés par hasard, déclenchant sur son passage souvenirs, soleil et tempêtes. Du barman et sa femme à l’hôpital jusqu’à l’hôtelière triste qui s’amourache de l’homme mystérieux, c’est toute une petite galerie de personnages fantasque et attachante qui vont vivre quelques jours ensemble.

De la vie dans ce roman ? Oui. Et une question principale, entêtante ; où tout cela va nous mener ? Où et comment l’auteur va réussir à faire basculer son histoire, presque banale, à un roman plus qu’intéressant ?

Une autre question se profile : qui est cet homme ? D’où vient-il et pourquoi ?

Et vous, feriez-vous confiance à un homme sans passé ni avenir débarquant un bon matin dans votre vie ?

A vous de lire maintenant pour décider.

Pascal Garnier a une plume fluide et envahissante, on se prend à espérer et désespérer avec les personnages, on veut comprendre, tant de questions résonnent et au final, le livre est lu et on reste là en se demandant comment cela a pu arriver.

« Ils ont déjà des souvenirs en commun, des bons et des mauvais, comme dans la vie. Rita a rajeuni, quelque chose d’enfantin dans le regard, comme si toutes ces larmes l’avaient lavée à l’intérieur »


Jean-Marie LACLAVETINE

Branche

Paris Mutuels commence sur un champ de course. Vincent, notre héros plutôt habitué aux paris perdants, mise ici tout sur Vendredi 13, cheval au nom ô combien prédestiné ! Car en gagnant une somme considérable, Vincent va aussi gagner le coeur d’une inconnue, Léa. Tout semble aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, sauf que...

Roman noir dans la veine du roman populaire français (Jean Bernard Pouy, Pierre Pelot ou encore Pierre Bordage sont présents au catalogue de cette collection), Paris Mutuels se déroule dans le milieu de la petite truanderie, où seconds couteaux et arnaqueuses flirtent avec la loi. Vincent va devoir travailler comme recouvreur auprès de clients afin d’éponger ses dettes, et s’apercevra que son idylle avec Léa l’a conduit au fond du gouffre. C’est le récit de cette suite d’événements, dont l’ambiance rappelle certains films de Guy Ritchie, qui structure ce court roman.

Pari réussi donc pour une collection prometteuse !


Après l’Afrique du Sud et la Nouvelle Zélande, Caryl Ferey change encore une fois de continent pour s’attaquer à l’Amérique du Sud, avec comme premier point de chute l’Argentine.

Impossible de parler de Mapuche sans évoquer la dictature argentine, les desaparecidos (enfants enlevés aux opposants et replacés dans des familles proches du pouvoir), des Grand-Mères de la place de Mai, et du travail de reconstruction d’un pays marqué par la guerre, la récession, et parvenant tant bien que mal à relancer son économie encore faible...

Ce livre raconte la rencontre improbable entre Jana, jeune Mapuche (peuple du Sud de l’Argentine et du Chili, exterminé et désormais uniquement présent dans les bidonvilles de la capitale), et Ruben, détective recherchant les enfants disparus de la dictature. La découverte du cadavre d’un jeune travesti va provoquer leur association et le début d’une enquête au coeur du pouvoir, avec les exactions militaires des années 70 en filigrane. Un sujet complexe, qui prouve encore une fois la facilité qu’a l’auteur à écrire des romans chargés de sens, porteurs d’une réflexion profonde sur les conséquences d’un passé extrêmement dur.


Ethelred Tressider est écrivainS. Trois pseudonymes, un agent littéraire qui déteste tout ce qui a trait aux livres de manière générale, une ex-femme qui vient de se suicider, tout va donc pour le mieux. Ce grand gagnant du loto de la vie décide de mettre à l’épreuve ses talents de détective (ou plutôt ceux de son héros de polars, l’inspecteur Fairfax) pour élucider le mystère de la mort de son ex-femme. Cette dernière a décidé, pour mettre fin à ses jours, de venir se perdre, en robe rouge et talons, dans le fin fond de l’Essex, charmante région du fin fond de l’Angleterre.

Pour retrouver l’inspiration, Ethelred se lance dans une enquête pleine de faux-semblants, entre chocolat chaud et relevés bancaires, suivie par son infatigable et inarrêtable agent.

Un policier loin des codes du genre, drôle et prenant, dans la droite ligne de ce niveau de qualité auquel Sonatine, premier éditeur de ce roman, nous a habitués.