Nous sommes là !

Conformément aux décisions du gouvernement, le Merle moqueur sera fermé du 30/10 au 01/12.
Mais nous ne resterons pas inactifs pour autant

Consultez nos conditions de vente spécifiques.

Yv

http://lyvres.over-blog.com/

Je lis, je lis, je lis, depuis longtemps. De tout, mais essentiellement des romans. Pas très original, mais peu de lectures "médiatiques". Mon vrai plaisir est de découvrir des auteurs et/ou des éditeurs peu connus et qui valent le coup.

Perles

Chi Ta-Wei

Asiathèque

19,50
par
6 novembre 2020

Chi Ta-wei est docteur en littérature comparée à l'université de Californie et enseigne la littérature à l'université de Taïwan. Il est l'auteur de romans et nouvelles de science-fiction. Ce recueil, Perles, regroupe six nouvelles du genre. Chi Ta-wei est aussi un défenseur de la cause homosexuelle.

Je ne suis pas un fanatique de la science-fiction ni n'y suis totalement rétif. Entre les deux. Un bon texte -ou de bons textes- peut me plaire quel que soit le genre. Ce que j'aime bien dans les nouvelles de Chi Ta-wei, ce sont les nombreuses références à la culture, notamment française, deux nouvelles ont des titres originaux en français : L'après-midi d'un faune (hommage à Debussy) et La guerre est finie (hommage à Alain Resnais) : "Les Taïwanais d'après la levée de loi martiale [1987] se sont cherchés des modèles internationaux hors de leurs frontières, et certains d'entre nous étions fascinés par la France, connue pour sa littérature et son cinéma qui savent susciter la réflexion." (p.88/89) et les images et allusions à peine dissimulées très fréquentes. Il s'amuse également avec la langue et la bonne idée de l'éditeur est de faire intervenir plusieurs traducteurs, chacun apportant son originalité, procédé qui montre l'étendue du travail d'écriture de Chi Ta-wei. Une autre bonne idée est qu'à la suite de chaque nouvelle, l'auteur, dans un court texte, explique sa genèse et son propos.

Toutes les nouvelles ne m'ont pas plu au même degré, j'ai beaucoup aimé les trois premières, les deux aux titres en français et Perles qui donne son nom au recueil, avec une préférence pour La guerre est finie. Toutes les histoires de Chi Ta-wei sont inventives, profondes et abordent des thèmes pas évidents, comme l'homosexualité et la clandestinité qu'elle implique dans certains endroits et la place de la femme.

Les nouvelles sont un bon moyen de découvrir un auteur inconnu qui souvent montre dans cet espace beaucoup plus de diversité que dans un roman. Chi Ta-wei le montre ici et est un auteur à découvrir.

Collection Le chat, 22, La Rumba du Chat
par
6 novembre 2020

L'autre jour, je vis passer, sur Facebook je crois, un post vantant la sortie du Tome 23 du Chat de Geluck. Vérification effectuée, chez moi, je me suis arrêté au numéro 21. Serait-il possible et envisageable que j'aie raté un épisode, le 22, vous aviez deviné même si comme moi, les maths ne sont pas votre point fort ?

Ressentant presque les tremblements du manque, je fonçai à la librairie m'enquérir du fameux tome manquant et revins vite le lire confortablement assis-avachi sur mon canapé.

C'est donc à la quasi-veille de la sortie du prochain que je lus le précédent. Et comme à chaque fois, je rigolai, je pouffai et remarquai aussi parfois un strip ou un gag point à la hauteur, mais le suivant l'est, je me gaussai donc en oubliant la baisse de régime très temporaire.

Philippe Geluck aborde tous les thèmes du moment : dérèglement et réchauffement climatiques, religion, sexisme, et aussi des thèmes intemporels : l'amour, le sexe, l'art,... sans se limiter ni dans la connerie ni dans la vacherie. C'est pour cela que j'aime Le Chat et que je courrai très bientôt vers le tome 23 intitulé Le chat est parmi nous.

RIP / Ahmed : au bon endroit au mauvais moment
par
22 octobre 2020

Tome 3 de cette excellente série qui à chaque tome s'intéresse à l'un des personnages du groupe. Son histoire personnelle est alors détaillée et toujours imbriquée dans celle du groupe des nettoyeurs des maisons des morts. On y apprend les raisons qui l'ont mené à ce job particulier et le rôle qu'il joue dans cette histoire. Pour rappel, l'un des nettoyeurs vole une bague de grande valeur et les patrons cherchent à connaître le coupable semant le doute et la suspicion parmi le groupe. Ahmed, le nouveau, est considéré comme le suspect numéro 1 et pris à parti. Lui n'est entré dans ce groupe que parce qu'il a senti que parmi eux, il y avait un tueur en série.

Cette bande dessinée est originale, le scénario de Gaet's est tortueux et puzzlesque. J'aime ces histoires dans lesquelles on revient sur un événement mais d'un autre point de vue qui l'éclaire différemment et oblige le lecteur à douter de tout et de tous. Chaque point de vue apporte son lot de nouveautés et la grande histoire, celle qui sous-tend toute la série se dessine peu à peu.

Et le dessin de Julien Monier enfonce le clou tant il colle à l'histoire noire et glauque. Tous les protagonistes ont des sacrées gueules et les couleurs participent activement à l'ambiance.

Une très grande réussite pour ces trois premiers albums, tous des coups de cœur. Six tomes sont prévus, je me réjouis d'avance.

Cannonball / l'adolescence n'est pas une chanson douce
par
23 septembre 2020

Cinquante chansons. Une autobiographie en cinquante chansons rock, tel est le résumé de ce livre. Sylvia, née au début des années 80 écoute et lit sur le rock depuis sa pré-adolescence, en total décalage avec ce que les jeunes de l'époque écoutent. Mal dans sa peau, réservée, en délicatesse avec ses parents, elle se réfugie dans la musique, le rock. D'abord le Velvet Underground et Lou Reed, puis les Rolling Stones, The Who, The Breeders...

Chaque chanson choisie par l'autrice et décrite lui rappelle un moment douloureux ou joyeux de sa vie.

Une quinzaine d'années de plus pour moi et élevé dans la chanson française, à grands coups d'émissions de Maritie et Gilbert Carpentier, le décalage est grand. Déjà, Cannonball, pour moi, c'est Supertramp... moins rock que The Breeders, autant dire que c'est mal parti entre Sylvia et moi. Fort heureusement, avec le temps, et pour parfaire et surmonter mon handicap-variétés-françaises-des-années-70, j'ai découvert pas mal de groupes dont Sylvia Hansel parle et je les écoute toujours plus ou moins régulièrement. Et surtout, certes, moins rock, j'ai découvert mon Graal, FIP...

La liste est résolument rock, parfois trop pour mon ouïe sensible. Certains groupes m'étaient totalement inconnus ou j'en connaissais le nom mais pas les titres ou vice-versa, ce qui m'a permis de les découvrir, car avec ce genre de livres, on va forcément chercher sur un site d'écoute musicale les morceaux choisis. Si les entrées sont musicales, elles ne sont finalement que le contexte et le prétexte pour parler d'une adolescence compliquée -mais laquelle ne l'est pas-, dans une famille qui implose, des déménagements et éloignements des amies. Une jeune isolée parce que loin des goûts des jeunes de son âge et loin des préoccupations du moment. Décalée donc. La musique est ce qui tient Sylvia, ce qui, dans l'adversité, lui permet de tenir. L'objectif étant d'apprendre la guitare et de monter un groupe. C'est aussi le passage à l'âge dit adulte et l'ouverture à la conscience politique et là, c'est davantage Sylvia qui a un handicap sur moi : propos familiaux beaufs et racistes, réactionnaires auxquels j'ai plus ou moins échappé (bon, il y a toujours un tonton, un cousin ou autre qui cumule ces 3 tares et d'autres encore...)

Sylvia Hansel est cash, directe et se moque aisément des gens qui ont mauvais goût -entendons ceux qui n'ont pas les mêmes qu'elle- sans omettre de se moquer d'elle-même. J'ai commencé ce livre, emballé, puis cinquante chansons, ça fait un peu long et certaines chroniques sont davantage des critiques rock que des bribes de l'adolescence de l'autrice et m'ont moins intéressé. Mais on sent bien tout le pouvoir de la musique, tout ce qu'elle a permis à la jeune fille puis jeune femme de réaliser et de surmonter. Le rock en tant que ressource. Il est aussi un marqueur de la société, il se féminise, aborde des sujets longtemps laissés de côté comme la pression sociale, le rapport de classe, critique les puissants et les décideurs. Le livre de Sylvia Hansel se déguste par petites touches, histoire de bien découvrir en même temps que le texte, la chanson qui l'illustre.

Les trois brestoises Tome 5, L'île abandonnée : ouessant

L'île abandonnée : ouessant

Palémon

10,00
par
23 septembre 2020

La série Les trois Brestoises avec Léanne commandant de police, Vanessa psychologue et Élodie médecin-légiste est hautement addictive et cette cinquième aventure n'échappe pas à la règle. Privilégiant cette fois-ci l'action, le rythme et la vitesse, Pierre Pouchairet écrit-là un roman catastrophe très cinématographique, qui change un peu des premiers tomes tout en gardant ce qui en fait le sel. C'est bien parce qu'on ne s'ennuie pas, pas le temps, et que la série ne ronronne pas, comme parfois d'autres le font -pas celles que je lis, d'autres- ; enfin, ça, ça m'arrive davantage avec des séries télévisées qui à force de saisons s'épuisent et moi avec. Là, rien de tout cela, c'est fou et lorsque l'on croit que le pire est arrivé, on s'aperçoit quelques lignes plus loin qu'il n'en est rien, puisque l'imagination du romancier pousse les limites.

Toujours attaché à l'actualité, aux thèmes qui rendent notre société violente : le terrorisme, la peur, la soif de vengeance, l'auto-défense, la haine des flics, ... Pierre Pouchairet construit un polar riche et dense dans lequel il n'hésite pas à mettre en scène les présidents français et ses ministres et leurs homologues étasuniens et notamment le "twitteur compulsif", et c'est très crédible. La vie de ses héroïnes est un peu en retrait, elles n'ont que le temps de penser à l'immédiat, pas à leur avenir. Et dans les circonstances décrites, on les comprend. Vivement la suite de cette série plus qu'excellente...